Je vais te parler d’un outil que j’utilise avec certaines de mes clientes dans les cas où je sens qu’il y a quelque chose à traverser avant d’arriver devant l’objectif.
La lettre au corps.
Écrire une lettre à son propre corps, comme on écrirait à quelqu’un à qui on ne parle plus vraiment, ou à quelqu’un dont on s’est éloignée, ou encore avec qui on a perdu la connexion. Et pourtant, les fois où je l’ai proposé, il s’est passé quelque chose.
Pourquoi le corps a besoin qu’on lui parle
Beaucoup de femmes entretiennent avec leur corps une relation de cohabitation distante. Elles l’habitent, elles l’utilisent, elles le nourrissent, elles en prennent soin dans une certaine mesure. Mais elles ne lui parlent pas vraiment.
Ou plutôt : si. Elles lui parlent. Mais presque exclusivement pour le critiquer.
« Tu es trop gros. » « Comme tu as vieilli. » « Tu n’es pas à la hauteur. » Ces pensées, formulées ou non, créent une distance. Un divorce silencieux entre une femme et son enveloppe. Et cette distance se ressent physiquement dans la façon dont on tient son corps, dont on occupe l’espace, dont on disparaît également devant un objectif.
La lettre au corps est une façon de rompre ce silence. De prendre position dans la relation, plutôt que de la laisser se dégrader par défaut.
Quel dommage de traiter son corps comme un étranger. Quelqu’un que l’on tolère mais qu’on n’aime pas vraiment. Écrire cette lettre force à le regarder différemment.

Comment ça fonctionne : l’aspect thérapeutique
Il n’y a pas de format unique. Ce n’est pas un exercice avec des règles strictes mais plutôt une invitation.
Celle d’écrire à son corps comme on écrirait à quelqu’un qu’on connaît depuis toujours avec tout ce que ça implique. Les reproches accumulés, les remerciements jamais formulés, les demandes de pardon peut-être, les réconciliations à faire. En somme, une sorte de thérapie 🙂
Certaines femmes écrivent une page. D’autres en écrivent dix. Certaines pleurent. D’autres rient de se retrouver à faire cet exercice. Certaines ne savent pas par où commencer et finissent par écrire les choses les plus justes.
Ce qui ressort le plus souvent : une immense fatigue d’être en guerre. Les femmes sont épuisées de se battre contre leur image, de dépenser autant d’énergie à gérer ce qu’elles voient d’elles-mêmes. La lettre leur permet souvent de nommer cette fatigue et d’en mesurer le coût réel dans leur vie quotidienne.


Ce que ça change avant une séance
Quand une cliente fait cet exercice avant de venir en séance, quelque chose se dépose, elle arrive différemment, plus honnête avec elle-même. Moins dans la performance de la confiance aussi, plus vraie dans la relation à son image.
Et ça, cela change les photos parce que ce qu’on voit sur une image n’est jamais seulement la lumière et l’objectif. C’est l’état intérieur de la femme au moment de la prise de vue. Sa façon d’être là ou de ne pas y être.
Une femme qui a traversé quelque chose avant la séance n’a plus besoin de contrôler autant son image. Elle a déjà fait le travail en amont et a commencé de regarder en face ce qu’elle porte. Et ce regard-là, on le voit dans ses yeux 🙂

Tu veux essayer ?
Trouve un moment seule, avec du papier et un stylo, pas sur un écran de téléphone ou un clavier d’ordinateur. Et commence par : « Cher corps… »
Laisse venir ce qui vient sans te censurer, sans raturer. Les reproches si tu en as. Les remerciements si tu peux les formuler. Les zones de paix et les zones de guerre. Ce que tu lui demandes. Ce que tu veux lui offrir.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire cet exercice. Il n’y a que ce qui est vrai pour toi, maintenant. Belle lettre à toi, et belle reconnexion à ton corps.



