Il y a une conversation que j’ai souvent avec mes clientes. Pas toujours de façon directe, pas toujours avec des mots, mais elle est presque toujours là, quelque part sous la surface. C’est la conversation sur le fait de se voir, de se regarder. Pas à travers le filtre de ce qu’on aurait dû être, de ce qu’on n’est pas encore ou de ce qu’on juge insuffisant. Mais avec la justesse et la bienveillance qu’on accorderait naturellement à quelqu’un qu’on aime.
Pour beaucoup de femmes entrepreneures, cette conversation-là est la plus difficile. Pas parce qu’elles manquent de courage car elles en ont ! Souvent plus qu’elles ne le croient. Mais parce qu’on leur a rarement dit que s’accepter était aussi un acte professionnel. Que c’était, en réalité, l’un des fondements du leadership.

Le mythe de l’image « parfaite » avant d’oser se montrer
Il y a une croyance très répandue chez les femmes entrepreneures que je rencontre. Elle se formule à peu près comme ça : « Quand j’aurai perdu ces kilos / changé ma coiffure / réglé mon rapport à mon corps / fini cette transformation personnelle, là… Je serai prête à me montrer vraiment. »
Cette croyance est douce et rassurante, parce qu’elle donne l’impression d’avoir un plan. Mais elle est aussi terriblement paralysante parce que ce moment-là n’arrive presque jamais. Il y a toujours quelque chose qui n’est pas encore tout à fait prêt. Et pendant ce temps, quelque chose d’important se passe en coulisses : on reporte sa visibilité. On minimise sa présence. On attend une permission qu’on ne s’accorde pas.
» J’attendais d’être ‘prête’ depuis des années. La séance m’a aidée à comprendre que la préparation, c’était maintenant. Que la femme que j’étais ce jour-là méritait d’être vue telle qu’elle était. «
Le self-love, dans ce contexte, ne consiste pas à s’aimer parfaitement avant d’agir. Il consiste à agir, à se montrer et à prendre sa place malgré l’imperfection perçue. Et c’est précisément ça qui est un acte de leadership.

Ce que l’image de soi a réellement à voir avec le leadership
Le leadership, dans son sens le plus profond, ne consiste pas à « ne jamais douter ». Il consiste à agir en cohérence avec sa vision même (et surtout j’ai envie de dire !) quand le doute est là.
Et l’image de soi joue un rôle central dans cette capacité. Parce que la façon dont on se perçoit influence directement la façon dont on occupe l’espace dans une salle, dans une négociation ou encore sur ses supports de communication.
Une femme qui ne s’accepte pas pleinement, qui se voit toujours comme insuffisante, comme « pas encore prête », va systématiquement réduire sa présence. Elle va parler moins fort. Demander moins. Oser moins. Et souvent, fixer des tarifs en dessous de sa valeur réelle. Ce n’est pas une question de caractère ou de volonté. C’est une question d’image de soi. Et l’image de soi, contrairement à ce qu’on croit souvent, n’est pas figée.
Ce que la recherche nous dit c’est que l’image de soi évolue avec les expériences, les regards bienveillants et les moments de reconnaissance. Se voir reflétée avec justesse dans un miroir, dans le regard d’une autre personne, ou dans une photographie peut créer une réalité de soi réellement différente et durable.

Quand la photographie devient un outil de réconciliation
Je ne suis pas thérapeute, même si je me suis formée à la Photo-Thérapie auprès d’Elodie Sueur et également à la Photographie Thérapeutique auprès de Priscilla Gissot. Mais après des années à photographier des femmes, j’ai appris à reconnaître quelque chose qui se passe dans certaines séances… Quelque chose que je ne savais pas nommer au début, et que j’appelle maintenant une réconciliation.
Le moment où une femme voit ses propres images sous le prisme d’une réalité factuelle prises avec mon regard de professionnelle ne sont pas celles qu’elle redoutait, pas celles non plus qu’elle fantasmait… Mais celles qu’elle est vraiment. Quelque chose se pose en elle. Parfois les yeux s’humidifient, parfois c’est un sourire surpris…. parfois c’est juste un silence.
« Je ne m’étais jamais vue comme ça. »
Cette phrase, je l’entends régulièrement. Et ce qu’elle dit, c’est que le regard extérieur bienveillant, juste, sans jugement peut parfois offrir ce que le regard intérieur ne s’autorise pas encore.
C’est pour ça que mon approche intègre des éléments de photot-hérapie. Pas pour transformer la séance en thérapie mais pour créer les conditions dans lesquelles quelque chose de vrai et juste peut émerger. Quelque chose qui appartient déjà à la femme en face de moi, et qu’elle ne s’était simplement pas encore donné la permission de voir.
S’accepter ne veut pas dire renoncer à évoluer
Il y a souvent une confusion que je veux adresser directement, parce qu’elle freine beaucoup de femmes. S’accepter ne veut pas dire se résigner. Ce n’est pas baisser les bras sur ses ambitions ou renoncer à continuer à explorer pour aller plus loin et grandir. C’est simplement reconnaître, avec lucidité et bienveillance, qui on est aujourd’hui à travers ce qu’on a traversé, ce qu’on a construit, ce qu’on incarne.
L’acceptation de soi est en réalité un point de départ, pas un point d’arrivée. On ne peut vraiment évoluer que depuis un endroit stable. Et cet endroit stable, c’est une relation apaisée avec soi-même. Les femmes que j’accompagne ne viennent pas en séance parce qu’elles ont tout résolu. Elles viennent parce qu’elles ont décidé que la femme qu’elles sont aujourd’hui mérite d’être vue malgré les doutes, malgré les zones d’ombre, malgré tout ce qui est encore en train de se construire.
Et c’est précisément cette décision-là, cette permission, qui est un acte de leadership.

Et toi, à quand remonte la dernière fois où tu t’es vraiment vue ?
Pas dans le miroir du matin, en train d’évaluer ce qui va ou ne va pas. Pas sur une photo que tu t’es empressée de supprimer parce qu’elle ne correspondait pas à l’image que tu as de toi-même. Je parle d’un regard vrai sur toi. D’un moment où tu t’es vue avec la même bienveillance que tu accordes aux femmes que tu admires.
Si cette question te touche et/ou si elle éveille quelque chose que tu reconnais alors peut-être que ce que tu cherches n’est pas juste de meilleures photos. C’est peut-être un espace pour te voir enfin avec justesse.
C’est exactement ce que j’ai voulu créer avec Make YOUR Place. Et pour celles qui sont prêtes à aller plus loin, à savoir aligner cette image intérieure avec leur présence dans le monde, c’est ce qu’on explore dans Time To Shine :

