Pour la première fois, j’ai compris que la photographie n’était peut-être plus le cœur de mon métier. Il y a quelques semaines, pendant une séance, cette évidence m’est tombée dessus. Et une fois formulée, j’ai eu cette sensation d’évidence.
Parce que ça faisait déjà quelque temps que quelque chose coinçait : le mot « photographe » était devenu inconfortable.
J’ai déchiré des plaquettes sur lesquelles il était écrit accolé à mon prénom, je photographie de moins en moins dans ma vie personnelle, et certains shootings classiques que j’aurais acceptés sans hésiter il y a quelques années ne provoquent aujourd’hui plus grand-chose chez moi.
Ce n’est pas que je n’aime plus la photographie.
C’est que j’ai compris qu’elle était mon outil. Pas ma finalité.

Pendant longtemps, j’ai cru que mon métier était de créer de belles photos
Ce qui m’intéresse vraiment se passe souvent juste avant que j’appuie sur le déclencheur.
- Quand une femme me dit qu’elle ne sait plus comment se montrer depuis que son corps a changé.
- Quand une entrepreneure a construit une entreprise solide, mais continue de communiquer avec l’image d’une version d’elle-même qui n’existe plus.
- Quand une femme baisse instinctivement les épaules parce qu’elle a peur d’en faire « trop » ou qu’elle me prévient, avant même la première photo : « De toute façon, je ne suis pas photogénique. »
C’est là que mon travail commence vraiment : je questionne, j’observe, je propose une posture qu’elle n’aurait jamais osé prendre seule, une façon différente d’occuper l’espace ou de soutenir le regard.
D’assumer une sensualité, une douceur, une puissance qu’elle pensait réservée à d’autres. Puis je lui montre l’écran de mon appareil.
Et parfois, quelque chose bouge parce qu’elle réalise : « Cette femme-là aussi, c’est moi. »
Et ça change beaucoup de choses parce que l’image que nous avons de nous-mêmes ne reste pas sagement devant le miroir. Elle nous suit quand on veut publier cette vidéo mais qu’on recommence 14 prises. Quand on entre dans une pièce en se demandant immédiatement ce que les autres vont penser. Ou encore quand on voudrait augmenter ses tarifs, prendre la parole, séduire, porter cette tenue, défendre cette idée…
Mais qu’une partie de nous murmure : « Ce n’est pas pour les femmes comme moi. »
Toute cette énergie dépensée à se surveiller, se corriger, se retenir… n’est pas disponible pour le reste. Créer, entreprendre, aimer, prendre la parole, se montrer, prendre sa place…

L’image de soi influence la place que nous nous autorisons à prendre
C’est pour ça que je ne crois pas qu’une séance photo « répare » l’estime de soi et je ne te promettrai jamais que deux heures devant mon objectif feront disparaître tous tes complexes.
En revanche, la photographie peut créer une expérience, un espace où tu peux essayer d’être celle que tu pensais ne pas pouvoir être, et surtout : en garder une preuve.
Pas pour fabriquer une « meilleure version de toi ». Je n’aime pas cette idée. Comme si la femme qui arrivait au studio ou en séance photo était un brouillon qu’il faudrait améliorer.
Je préfère aller chercher toutes celles qui sont déjà là.
→ La femme douce.
→ La femme puissante.
→ La femme sensuelle.
→ La dirigeante.
→ Celle qui doute encore.
→ Celle qui sait exactement où elle va.
→ Celle qui rit fort.
→ Celle qui soutient le regard.
Mon travail c’est d’élargir le regard que tu portes sur celles qui existent déjà.
Alors non, je ne crois pas que je sois en train de quitter la photographie. Je crois que je comprends enfin pourquoi je photographie 🙂
Pour qu’une femme dépense progressivement moins d’énergie à lutter contre sa propre image.
Et qu’elle puisse remettre cette énergie là où elle en a vraiment besoin : dans tout ce qu’elle veut encore s’autoriser.
Et si on regardait ensemble ce que ton image raconte de toi ?
Si tu sens qu’il existe aujourd’hui un décalage entre la femme que tu es devenue et celle que tu arrives à voir, à montrer ou à incarner, c’est précisément là que mon accompagnement commence.
La photographie sera notre outil mais le sujet, ce sera toi.
Ton regard sur toi. Ta place. Ce que tu t’autorises à rendre visible.




