C’est une des phrases que j’entends régulièrement de femmes qui ont déjà fait des photos avec un.e professionnel.le de l’image, que cela soit dans un cadre personnel intimiste ou pour des portraits professionnels.
Parfois après une séance, en découvrant les photos. Parfois devant une photo prise par quelqu’un d’autre lors d’un événement. Parfois juste en regardant son profil LinkedIn depuis trop longtemps.
« Je ne me reconnais pas. »
Et à chaque fois, j’entends quelque chose de plus complexe que ce que les mots disent en surface. Et crois moi, ce n’est pas une question d’être photogénique ou non.
Ce que « je ne me reconnais pas » veut réellement dire
D’après mon expertise, j’ai au moins deux lectures à cette phrase et ils ne parlent pas du tout de la même chose.
Le premier sens est littéral : la photo ne te ressemble pas. Elle te montre figée, absente, dans une expression qui n’est pas la tienne. Le résultat ne correspond pas à ce que tu vis intérieurement. C’est un problème technique et d’accompagnement qui est le résultat une photo mal préparée, mal guidée, mal intentionnée.
Le deuxième sens est plus profond : tu te regardes sur cette photo et tu ne sais pas qui est cette femme. Non pas parce que la photo est ratée. Mais parce que tu as perdu le contact avec ton propre reflet. Parce qu’il y a un décalage entre qui tu es devenue et ce que tu vois quand tu te regardes. Et ce décalage peut être inconfortable à voir et à vivre, surtout si tu ne parviens pas à l’identifier et encore moins le nommer.
Dans le premier cas, on résout le problème un meilleur accompagnement et un.e photographe mieux choisi.e. Dans le second, les plus belles photos du monde ne suffiront jamais si elles ne sont pas accompagnées d’un travail sur le regard que tu portes sur toi-même. C’est là que mon approche devient différente.

Le décalage entre qui tu es et ce que tu vois
Il y a quelque chose de particulier qui arrive à beaucoup de femmes entre 30 et 45 ans.
Elles évoluent professionnellement, personnellement, dans leur rapport à elles-mêmes. Elles traversent des étapes qui les transforment. Et pourtant, quand elles se regardent en photo, ce qu’elles voient ne suit pas cette transformation.
Soit elles voient l’image d’avant ( une version d’elles qui n’existe plus vraiment), soit elles voient ce qu’elles rejettent : les signes de l’âge, du corps, de la fatigue… Plutôt que ce qu’elles incarnent, ce qu’elles ont construit et ce qu’elles sont devenues.
Ce décalage n’est pas une question de physique. C’est une question de rapport à son image et ce rapport se travaille.

« Je suis déguisée » ou quand la photo est belle, mais loin d’être juste
Il y a une autre version de cette phrase que j’entends parfois.
Pas « je ne me reconnais pas » dans le sens « je suis moche sur cette photo ». Mais « je ne me reconnais pas » dans le sens « c’est joli, mais ce n’est pas moi ». La femme sur cette photo est élégante, bien éclairée, bien coiffée. Et pourtant elle est absente… comme déguisée.
C’est le résultat d’une photo conçue pour être parfaite techniquement plutôt que juste. Une photo qui cherche à valoriser au sens esthétique du terme, sans s’être demandé ce que la femme voulait vraiment transmettre.
Une photo qu’on ne s’approprie pas, on ne l’utilise pas. Elle finit dans un dossier sur l’ordinateur, jamais postée, jamais partagée. Parce que même si elle est belle, elle ne soutient pas qui tu es.


Ce qui permet enfin de se reconnaître
Se reconnaître dans une photo, c’est loin d’être seulement une question d’angle flatteur ou encore de bonne lumière.
C’est une question d’intention et d’accompagnement. De photos construites à partir de ce que tu veux transmettre… pas de ce qu’on pense être « beau » en général. De la présence d’une photographe qui ne te met pas en scène, mais qui crée les conditions pour que tu apparaisses vraiment, avec tout le message que tu as a transmettre.
Et parfois, c’est aussi une question de chemin intérieur. De travailler le regard que tu portes sur toi pour cesser de te regarder avec une violence que tu n’infligerais à personne d’autre 😉
C’est ça, l’objectif premier. Pas la perfection. La justesse.




